Le Pizzino de novembre 2018

On se régale des nouvelles aventures du consortium

 

 

Le 'pizzino’des Galline Felici (les poules heureuses)

 

Le pizzino: bulletin (tendanciellement) mensuel adressé au monde de toutes les alternatives possibles...

 

CO-CO-PRODUCTIONS.2

 

 

Ensemble (de Lille à Noto) pour co-co-refonder une ferme?

D'un producteur qui a donné, vraiment et toujours, le meilleur de lui-même pour la cause commune,

 

Beaucoup d'entre vous ont eu le chance de rencontrer Vincenzo Vacante, président du Consortium ces 3 dernières années et personne splendide que ce soit du point de vue humain que professionnel.

 

A peine entré dans le Consortium, Vincenzo a tout de suite embrassé les projets et l'esprit qui avaient animés les associés fondateurs et a mis à disposition toute sa personne, collaborant généreusement à tant d'initiatives.

 

Nous nous sentons tous honorés de l'avoir eu comme guide pendant cette période et reconnaissants pour tout ce qu'il nous a transmis et qu'il réussira encore à nous transmettre dans les années à venir.

 

En tant qu'homme et agriculteur, avec ses terres.

Vincenzo n’a pas demandé de participer aux coproductions.

Par discrétion, nous imaginons, pour “l’incertitude en l’avenir” a t-il dit.

 

Nous avons donc dû le forcer, nous, à accepter, mettant toute la force et le poids du Consortium à ses côtés.

 

Et le capital des relations acquis au fil des années…

 

Le fait est que sa ferme, bien qu’elle se soit redressée grâce à NOUS tous (d’Amsterdam à Rossano, en fait), s’est trouvée massacrée cette année par le virus de la tristeza (Citrus Tristeza Virus ou virus de la tristeza des agrumes), déjà présent depuis des années dans cette zone, qui a décidé de manifester son agressivité durant la saison dernière.

 

La plupart des plantes doivent être arrachées et remplacées par d'autres plantes avec des porte-greffes résistants au virus, avec pour conséquence le grave déclin de la production vendable pour les 4 ou 5 prochaines années.

L’essentiel des coûts d’exploitation demeurent néanmoins et Vincenzo craint de devoir obligatoirement vendre son exploitation à court terme.

Tous les associés du Consortium pensent que cette possibilité serait pour nous un échec que nous ne pouvons accepter.

 

Cela entacherait l’esprit du Consortium et rendrait vain une bonne partie du travail jusqu’alors effectué.

 

Et nous sommes fermement convaincus que vous qui nous lisez le percevriez pareillement comme un échec.

 

Et donc ?

 

Au sein du conseil d’administration nous avons décidé de remettre à plus tard les autres projets de co-co-productions qui avaient été proposés par les autres fermes (toutes, absolument d’accord et enthousiasmées par cette décision), pour “convaincre” Vincenzo d’avoir confiance en NOUS et de nous donner la possibilité de reconstruire Ensemble.

Lui donnant de cette manière la priorité, à lui qui a soutenu le Consortium et qu’à présent le Consortium souhaite soutenir!

 

Ce qui pour une seule personne peut paraître insurmontable et définitif fait beaucoup moins peur dès-lors qu’on le partage avec un NOUS solide, solidaire et cohérent.

 

Et si ce NOUS ne représente pas seulement les compagnons du Consortium mais un NOUS beaucoup plus vaste, fait de tous ceux qui nous suivent, nous soutiennent et nous encouragent (de Stuttgart à Piazza Armerina en fait), ce projet qui paraissait insurmontable peut devenir un simple rocher à déplacer.

 

Énergiquement ENSEMBLE !

 

Et si ce n’est pas celle-là, quelle est donc la route que nous devons emprunter pour construire le changement?

 

En fait, si Vincenzo vendait la ferme, il serait très improbable que le nouveau “propriétaire” aime cette terre et en prenne soin comme lui l’a fait jusqu’à aujourd’hui, tel un père aimant, comme certains de nous le considérons.

 

Les cultures que Vincenzo va planter en accord avec le Consortium, sont celles qui nous manquent et qui, en même temps, s’adaptent le mieux à l’environnement pédoclimatique dans lequel se trouve la ferme Barbajanni (la ferme de Vincenzo, joli nom un peu pirate, un peu brigand, que j’imagine nous adopterons “pour estampiller” cette opération).

Principalement : oranges naveline tardives, oranges tarocco tardives, clémentines-semblables tardives, un peu de vanille encore et un peu de nèfle, pour couvrir la phase de la saison dans laquelle notre liste rétrécit de manière importante.

Ceux qui manifesteront un intérêt à participer à cette opération recevront une liste récapitulative détaillée des cultures possibles et également un projet général que nous sommes en train d’achever ensemble avec Vincenzo, avec des cartes et des photos (pour comprendre mieux ce qui s’est passé), afin de choisir ensemble quelles sont les productions qui peuvent être les plus intéressantes pour vous.

 

Par ailleurs, nous vous proposons de partager vos opinions sur le projet avec nous, de discuter d’éventuels changements et ajustements pour ensuite travailler à la réalisation.

 

Et cela serait beau et opportun comme jamais que quelqu’un d’entre vous vienne nous retrouver salir ses mains de la terre sicilienne.

 

Pour en suivre les développements, proposer des solutions peut-être encore inconnues, des expériences positives et techniques innovantes pour la gestion et le soin du sol mais aussi de ceux qui travaillent la terre.

 

Qu’est-ce qui a changé par rapport à la dernière tornade de co-productions?

 D'abord, par rapport aux dernières co-productions vous aurez noté un “co” en plus.

 

Ce “co” parce que nous avons décidé que cette fois le Consortium ne serait pas seulement un garant entre les parties (producteurs et consomActeurs) mais plutôt que notre participation serait aussi économique, avec un apport de 20.000 euros pour la réalisation du projet.

 

Imaginant de nous soutenir mutuellement pour construire ensemble un modèle dans lequel en plus de la qualité du produit se revendique la qualité de la production, qui comprend la participation des consommateurs pour en garantir non seulement l'aspect Bio, mais aussi la valeur Éthique (au-delà du politique et du social comme nous le voyons nous), en le dessinant ensemble pas à pas.

Par ailleurs, bien que nous vous ayons proposé une culture spécifique la dernière fois, nous aurions voulu cette fois-ci choisir avec vous les projets à réaliser, à sélectionner parmi une liste de propositions des associés déterminés à les réaliser avec vous.

Il y a deux semaines environ, le choix de vous proposer ce projet nous a semblé évident et nous avons décidé (avant même le producteur pour tout vous dire) de vous soumettre la Co-co-production Barbajanni.

 

(c’est la raison du retard, malgré les promesses, de l’envoi de ce pizzino, retard dont nous nous excusons).

 

Qui entend parler pour la première fois de co-productions de notre part trouvera ici l’histoire de ce projet, lancé il y a plus de deux ans désormais, qui a permis autant à des petits producteurs de développer leurs cultures qu’à des associations et des groupes de consommateurs de s’assurer la disponibilité d’un produit très demandé mais encore insuffisant par rapport à la demande.

 Mais, aspect selon nous beaucoup plus intéressant, cela a posé les bases d’une forme d’implication participative qui resserre encore plus les liens entre les productions et la consommation comme une alternative à la dynamique du marché nous obligeant à être toujours plus distants et inconscients.

 

Co-produire n’est pas seulement un moyen de se garantir des produits de qualité.

Ce n’est pas seulement un moyen de simplifier l’accès au financement pour les petites réalités agricoles.

Le système de coproduction est un modèle qui se fonde sur la confiance, la conscience et la participation. 

Tisser ensemble, coudre, repriser si besoin.

Se sentir moins distants et capables de mesurer les effets de nos choix quotidiens.

MERCI!!!

MERCI de nous avoir permis avec votre présence continuelle, implication, encouragement de concevoir ces formes évolutives de démocratie, participation et souveraineté alimentaire!

MERCI d’être toujours à nos côtés pour les réaliser!

 

.....à suivre…..bien-sûr….