Merci à Philippe pour ce très beau texte. Tout y est dit et bien dit.

Le poète est paysan, le paysan est poète...

Le poète est paysan, le paysan est poète.

L'un comme l'autre, ils sont le premier maillon de la chaîne : on dit qu'ils sont « producteurs ».

A l'autre extrémité, là où on les mange, la télé pour l'un, parfois, le supermarché pour l'autre, tant qu'il survit.

La télé et le supermarché se rêvent chaque jour plus vendeurs. Leur raison d'être, leur graal, c'est de croître en chiffre. On appelle cela « créer des richesses », ou encore « organiser leur concentration ».

Le paysan libre, le poète libre se rêvent chaque jour plus sincères. Leur raison d'être, leur graal, c'est de faire du bon, du beau et d'en vivre. Vous ne les trouverez pas chez les grands marchands : ils sont étrangers à leurs profits.

Court-Circuitez les supermarchés et revenez aux paysans, vous retrouvez le goût. Vous retrouvez la nature. Vous retrouvez la Terre, les femmes et les hommes qui la soignent, la travaillent, la respectent.

Court-Circuitez la télé et revenez aux poètes : vous retrouvez la beauté. Vous retrouvez ce qui en vous cherche l'amour, l'élévation, l'accomplissement de l'âme.

Ouvrez vos foyers, une gare, un buffet aux poètes et aux paysans et faites vivre les fruits de leurs semis : en vous en nourrissant, en les propageant, en joignant vos forces pour les rendre accessibles à vos semblables et vos dissemblables, en soignant la dissonance qui s'était immiscée entre vos actes et vos rêves, vous retrouvez votre puissance. Vous diminuez un peu le déséquilibre.

Un peu moins d'avoir, un peu plus d'être. Un peu moins de folie marchande, productiviste et aliénante, un peu plus de folie exubérante, libératrice et aimante.

Philippe Seranne.


Un bel appel drôle et émouvant de Laurent Eyraud Chaume lors des 24 h du Buffet

Court circuiteurs, court circuiteuses !

Oyé oyé, buëchois du grand nord descendus de la Jarjatte en traîneau

Sudistes, buveurs d’apéro laragnais et marins d’eau douce de St Genis

Toi le dévoluard enneigé, le manteyard congelé

Toi châtelain de Montmaur ou le robuste rochois

Toi qui vient de Montama, Veaujeala, Thuoux et saint Auban !

Toi Mons Seleucus et col de Faye, toi qui vient de Serres, l’Epine le Petit Terus, Monclus, Bref, toi qui aime le Saix !

Toi le lointain rosanais, qui sait plus que quiconque que la marge est là pour tenir le livre !

Et enfin toi le veynois, fier, rouge et vert, toi qui habite le seul port de alpes où milles pays se mélangent dans les veynes !

Vous tous et toutes, amis des court circuits !

 

Permettez moi de faire ici le discours que vous n’entendrez pas ailleurs, ni pour les communes ni pour les intercommunes, ni pour faire la danse de la séduction des gentils électeurs que l’on aime tous les 5 ou 6 ans, ni pour faire la phrase sans fin où l’on mêlerai le confus et l'ésotérique pour plaire au gentils subventionneurs !

Non je vais enfin vous dévoiler la parole ultime, la solution féconde, le parti pris poélitique dont nous avons besoin :

Il est grand temps de déclarer l’indépendance du Buëch !

Pour un "Buëch libre et drôle" avaient déclaré des ptilous, comme une intuition prophétique !

Oui il nous faut l'indépendance du Buëch !

Un Buëch fait pour les enfants, bonbons bio, déguisement et bataille de polochons

Un Buëch fait pour les paysans, partage des terres, marché nocturne et aspersion

Un Buëch fait pour les voyageurs, gite rural, warmshower et squat à foison !

Un Buëch fait pour les rêveurs, poésie, vélo et tarte aux citrons !

 

Un archipel improbable de résistants joyeux et excentriques qui savent qu’il va falloir court circuiter le monde si l’on ne souhaite pas qu’il pète un plomb !

 La suite à ne pas manquer ci dessous

 

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